7

Sans vraiment s’en rendre compte, les élèves de Terra Wilder avaient subi une importante transformation depuis son arrivée, surtout les sept terreurs. À part Frank Green, qui ne voulait pas cesser de croire que Terra était la nouvelle incarnation de Jésus, les autres savaient maintenant qu’ils avaient affaire à un homme exceptionnel. Ils n’étaient pas aussi turbulents et ils passaient plus de temps à discuter de philosophie entre eux au lieu de manigancer des tours pendables.

Un midi, tandis qu’ils étaient à la cafétéria, Jamieson, un étudiant un peu plus âgé qu’eux, s’approcha de leur table, flanqué de deux acolytes musclés. Marco se demanda comment appliquer la théorie de Terra avec ces bons à rien.

— Nous avions un marché, Constantino ! vociféra le garçon.

— Je n’ai jamais rien signé, répondit calmement Marco.

— Ne joue pas au plus fin avec moi.

— Ce n’est pas mon intention, Jamieson. Passe ton chemin, je ne veux plus travailler pour toi.

— On mettra fin à cette entente quand ça me plaira.

— L’esclavage a été aboli il y a fort longtemps, fit remarquer Frank en se levant.

— Encore gelé jusqu’aux oreilles, Green ? l’insulta Jamieson.

— C’est une étiquette, lui apprit Frank, et ton habitude d’en coller à tout le monde t’empêche d’évoluer. Tu n’écoutes pas ce que nous te disons parce que tu as déjà décidé que je suis un incurable drogué et que Marco n’est qu’une paire de gros bras sans cervelle. Tu as tort, mais je ne perdrai pas mon temps à essayer de te l’expliquer tant que tu ne cesseras pas de nous étiqueter.

Piqué au vif, Jamieson envoya son poing au visage de Frank, qui alla choir entre deux chaises. Sans réfléchir, Marco bondit à la rescousse de son ami. Il plaqua Jamieson sur le plancher. Ses deux acolytes voulurent s’en mêler, mais les surveillants de la cafétéria intervinrent rapidement pour les séparer. On conduisit Frank à l’infirmerie et les deux combattants chez le directeur.

Terra entra en classe au début de l’après-midi. Il remarqua tout de suite l’absence de Marco et de Frank. Les élèves lui racontèrent ce qui s’était passé en ajoutant qu’on allait probablement leur coller une suspension. Ce genre de châtiment déplaisait à Terra. Selon lui, il aurait été préférable de les asseoir l’un en face de l’autre et de les laisser s’expliquer de façon civilisée.

— Peut-être que ça fonctionnerait en Angleterre, répliqua Fred, mais pas ici, parce que Jamieson est une crapule.

— C’est une étiquette, lui rappela Terra.

— C’est la vérité ! Jamieson vend de la drogue aux étudiants et il leur fait même crédit en exigeant des intérêts impossibles !

— Quelle est la relation entre ce garçon et Marco ? s’inquiéta Terra.

La classe devint silencieuse. Se taisaient-ils pour protéger Marco ?

— Marco est-il impliqué dans ces activités illégales ? insista-t-il.

— Il l’était avant Noël, lui apprit Chance en suscitant la désapprobation de ses camarades.

— Vous ne voulez pas me dire ce qu’il faisait ?

Juste à ce moment, Frank entra en maintenant une compresse sur sa joue enflée.

— Il cassait les jambes de ceux qui ne remboursaient pas assez rapidement leur prêt, révéla-t-il en regagnant sa place.

Terra demeura silencieux, visiblement ébranlé par cet aveu.

— Mais depuis que vous nous avez parlé de la théorie du non-étiquetage, poursuivit Frank sans s’occuper des regards meurtriers de ses copains, il ne veut plus le faire.

— Combien d’élèves a-t-il ainsi blessés ? demanda Terra en pâlissant.

— Je ne sais pas, une bonne vingtaine, sûrement.

Bouleversé, Terra les quitta en leur disant qu’il avait besoin d’aller boire de l’eau. Frank aperçut alors tous les yeux fâchés tournés vers lui.

— Quoi ? s’exclama-t-il. Il me semble normal que le Fils de Dieu n’accepte pas ça.

Katy partit à la recherche de leur professeur de crainte qu’il ne perde conscience dans le couloir. Terra s’était arrêté à la petite fontaine en métal entre deux vieux casiers. Il s’aspergeait le visage avec soulagement. Marco savait-il seulement comment on se sentait lorsqu’on avait les deux jambes cassées ?

— Tu es revenu enseigner à ces jeunes âmes que la violence ne résout rien, chuchota Sarah dans son oreille.

Sa voix l’apaisa. Après le cours sur la philosophie de la Rome antique, il s’isola dans la salle des professeurs et essaya de calmer ses peurs avant de rejoindre Amy à la voiture. Elle le conduisit à l’hôpital, mais il garda le silence. Comme pour ajouter à sa misère, la physiothérapie lui causa encore plus de souffrances qu’à l’accoutumée. Lorsqu’il sortit de la salle d’exercices, l’infirmière lui proposa d’aller lui chercher un fauteuil roulant. Il explosa de colère, criant qu’il préférait ramper jusqu’à la sortie plutôt que de se résoudre à cela. Amy s’empara aussitôt de son bras pour le soutenir.

— Ta soudaine mauvaise humeur est-elle reliée à la physio ?

— Les jeunes m’ont dit ce que Marco faisait à ceux qui ne remboursaient pas le revendeur de drogues, haleta Terra. Il leur cassait les jambes.

— J’ai bien peur que cette violence soit présente dans toutes les écoles, de nos jours, Terra.

— Alors, nous devons l’enrayer.

— À moins que les étudiants arrêtent d’avoir peur et qu’ils dénoncent enfin ceux qui les agressent, il n’y a pas grand-chose que nous puissions faire, mon chéri.

Elle l’aida à s’asseoir dans la voiture et dut replier ses jambes pour les installer à l’intérieur du véhicule, car il était incapable de le faire lui-même. Une fois à la maison, il refusa d’aller se coucher et s’assit dans le fauteuil du salon, devant le foyer de pierre. Amy le couvrit d’une douillette et alluma un feu. Les calmants firent graduellement leur effet. Lorsque sa jeune amie vint le chercher pour le mettre au lit, elle vit qu’il pleurait.

— Ce n’est peut-être pas le bon moment, commença-t-elle en prenant doucement ses mains, mais est-ce que tu accepterais de m’épouser, Terra Wilder ?

— Nous ne nous connaissons que depuis quelques mois…

— J’ai rêvé d’un homme comme toi toute ma vie et maintenant que je t’ai trouvé, il n’est pas question que je te laisse partir. Alors, quelle est ta réponse ?

— C’est oui.

Elle s’étira jusqu’à ses lèvres et l’embrassa tendrement. Terra devenait de plus en plus conscient de l’importance de cette femme extraordinaire dans sa vie, mais aussi des douleurs de plus en plus vives dans ses jambes. Il craignait la paralysie et les complications qu’elle entraînerait.

Le lendemain, il se rendit à l’école en même temps qu’Amy, même s’il travaillait plus tard qu’elle. Elle le conduisit à la bibliothèque, où il s’attaqua tout de suite à l’ordinateur. Avec beaucoup de facilité, il accéda aux fichiers des étudiants et trouva l’adresse et le numéro de téléphone de Marco Constantino. Il les nota et jeta un coup d’œil au reste du dossier virtuel. Il resta bouche bée devant la longue liste d’infractions. Sarah apparut près de l’ordinateur.

— Il a arrêté d’agresser ses semblables, l’informa Terra, mais pour enrayer la violence dans cette école, il faudrait qu’il dénonce les revendeurs de drogue.

— Il y a plusieurs façons de payer une dette karmique, Terra. Il pourrait aussi dévouer sa vie à soulager les douleurs de ceux qui ont souffert à cause des autres.

Terra trouva l’idée excellente, mais il croyait aussi que son devoir consistait à purger l’école de ses mauvais sujets.

Sarah le félicita alors d’avoir accepté d’épouser Amy. Terra sentit son cœur sombrer au fond de sa poitrine : il ne comprenait pas comment Sarah pouvait le remettre entre les mains d’une autre femme sans afficher d’émotion. Lorsqu’elle lui proposa de donner sa bague de mariage à Amy, il secoua vivement la tête.

— C’est à ton doigt que j’ai passé cette bague.

— Elle appartient à ton épouse et Amy jouera bientôt ce rôle auprès de toi.

Sarah disparut sans lui laisser le temps de répliquer. « Elle me demande l’impossible ! » se fâcha Terra. Ce soir-là, les exercices de physiothérapie ne lui causèrent pas autant de douleur que la veille, mais son humeur ne s’améliora pas pour autant.

Au souper, Amy lui raconta sa journée, mais ne put rien tirer de lui.

— Lorsque tu es triste, c’est généralement à cause de Sarah, soupira-t-elle.

Terra l’observa un instant. Elle semblait encore plus jeune lorsqu’elle attachait ainsi ses cheveux blonds en queue de cheval et qu’elle enlevait son maquillage. Elle avait vraiment l’air d’une enfant à côté de lui.

— J’ai encore vu son fantôme, confessa-t-il. Je sais que tu ne crois pas aux spectres, mais elle est venue me parler.

— Je ne crois pas que les morts puissent revenir à volonté sur la Terre, mais je crois à l’immortalité de l’âme. Selon moi, si Sarah a besoin de te parler, elle doit le faire dans ton esprit. Je te crois quand tu me dis qu’elle te transmet des messages, mais je déplore qu’ils te fassent de la peine.

— C’est son attitude qui me chagrine. Elle est devenue si distante, si indifférente… Elle agit comme s’il ne s’était jamais rien passé entre nous.

Amy bondit de sa chaise et l’étreignit. Elle tenta de le rassurer en déclarant que Sarah lui cachait probablement ses sentiments parce qu’elle ne faisait plus partie du monde des vivants. Elle voulait certainement qu’il soit heureux.

— Je ne veux pas que tu meures toi aussi, sanglota-t-il.

Bouleversée, Amy lui promit de vivre pour toujours. Elle prit soin de son beau Hollandais toute la soirée et le caressa jusqu’à ce qu’il s’endorme. Le lendemain matin, elle fut bien contente de voir qu’il avait meilleure mine.

À l’école, Terra constata à nouveau l’absence de Marco Constantino dans son cours, mais il s’occuperait de ce problème plus tard. Lorsqu’il enseignait à ses étudiants, il devait leur accorder toute son attention. Il leur parla des philosophes religieux et les laissa débattre certaines de leurs théories entre eux, satisfait de voir s’ouvrir de plus en plus leurs esprits.

Après son cours, il téléphona chez Marco, mais ne le trouva pas chez lui. Il laissa donc un message au jeune homme : il le rencontrerait au restaurant du coin à la fin de l’après-midi. Il mit Amy au courant de ses plans et se rendit seul au lieu choisi. Il but un café en examinant l’endroit. C’était un point de rencontre pour les étudiants et les gens qui ne désiraient pas manger un repas gastronomique. On y servait surtout de la nourriture frite et vite préparée. Marco passa la porte de verre. Il semblait embarrassé de devoir rencontrer ainsi son professeur de philosophie. Les mains dans les poches de son veston, il s’assit devant Terra.

— Il paraît que tu avais pris la défense de Frank, commença Terra.

— Oui, mais je pense qu’au fond, j’avais envie de casser la figure de Jamieson. Je sais que c’est contraire à tout ce que vous nous avez enseigné, mais il est inutile d’essayer d’inculquer la théorie du non-étiquetage à une tête enflée.

— On m’a dit que tu travaillais pour lui.

— C’était quand il collait des étiquettes sur ses victimes et que je les lisais pour lui, mais je ne crois plus aux étiquettes.

— On m’a aussi dit que tu cassais les jambes de ceux qui refusaient de rembourser leurs prêts.

Marco, qui se sentait déjà suffisamment coupable d’avoir travaillé pour un revendeur de drogue, garda le silence.

— As-tu déjà eu une jambe cassée, Marco ? demanda très sérieusement Terra.

— Écoutez, je voulais me faire des amis et Jamieson était roi et maître de cette école. Je rêvais moi aussi de devenir une personne importante. Vous n’allez tout de même pas me le reprocher pour le reste de ma vie ?

— Non, mais les conséquences de tes actes me préoccupent beaucoup. Selon les lois de l’univers, si nous ne réparons pas le tort que nous avons causé aux autres, nous payons le prix de notre propre poche.

— Réparer le tort que j’ai causé à chacun ? Mais j’en aurais pour l’éternité !

— Je connais une autre façon.

Terra l’emmena à l’hôpital et lui présenta son physiothérapeute, qui n’était pas tellement plus âgé que lui. Marco resta près de Terra pendant les exercices et observa tout ce que faisait le médecin.

— Ce sont des spécialistes comme lui qui me permettent de vivre une vie normale, expliqua Terra.

— Ils vous rendent ce qu’un conducteur ivre vous a enlevé, comprit Marco.

Terra parvint à sourire malgré la douleur qui commençait à poindre.

 

* *

*

 

Pendant que Terra était à l’hôpital, Amy en profita pour ranger ses affaires dans le placard de la chambre à coucher. Une boîte de carton glissa de la tablette supérieure et s’écrasa sur le plancher de bois. Amy se pencha pour la ramasser. Le ruban adhésif avait été arraché dans l’impact, laissant entrevoir une grosse enveloppe brune. Elle la décacheta et y trouva une centaine de clichés pris au Texas. Parmi elles, il y avait des clichés d’une voiture démolie au pied d’un viaduc. Elle pouvait même voir ses deux occupants emprisonnés dans les débris. Elle reconnut le visage ensanglanté de Terra. Elle vit ensuite ses jambes mutilées sur une civière et toutes les étapes de leur reconstruction.

Elle trouva ensuite des photographies de Terra en fauteuil roulant ou debout entre deux barres parallèles, le visage ravagé par la douleur. Troublée, Amy remit le tout dans l’enveloppe et rangea la boîte. Elle essuya ses larmes et quitta la maison pour se rendre à l’hôpital.

Sur le chemin du retour, Terra trouva très étrange que sa compagne, habituellement si volubile, soit aussi silencieuse.

— Amy, s’est-il passé quelque chose ?

— J’ai voulu ranger ta boîte, mais elle est tombée et j’ai vu tes photographies. Elles m’ont brisé le cœur…

— J’aurais dû les détruire. Elles n’ont été prises que pour les assurances.

— Je ne pourrai jamais oublier celle où tu étais couché sur une civière, couvert de sang.

Terra tenta de la calmer, en vain. Elle l’installa au salon et lui conseilla de rester sage pendant qu’elle préparait le souper. Il lui saisit les mains pour l’empêcher de partir.

— Demain, ce sera moi qui ferai la cuisine, offrit-il pour l’égayer.

Elle força un sourire.

— Arrête de penser à l’accident, Amy. C’est du passé et j’ai besoin que tu vives dans le présent avec moi.

Il savait qu’elle était beaucoup plus forte que lui et qu’elle se remettrait du choc. Il la libéra et elle se sauva à la cuisine. Son épouse apparut entre le fauteuil et le foyer.

— Sarah…, s’étrangla-t-il.

— Je n’ai plus la personnalité de Sarah. Je suis redevenue l’âme que j’ai toujours été. Je ne suis somme toute qu’un visiteur d’une autre dimension. Terra, tu dois accepter les choses que tu ne peux pas changer. Tu sais déjà pourquoi tu dois épouser Amy, alors cesse de te torturer à ce sujet. Quant à Marco, ta décision de l’emmener à l’hôpital pour être témoin de la thérapie était excellente. Elle lui a permis de commencer à guérir. Mais ne le force pas à dénoncer les criminels de son école. Il doit le faire de son plein gré.

Elle disparut sur ces mots.

— Terra, es-tu au téléphone ? demanda Amy en entrant dans le salon.

Elle remarqua tout de suite qu’il faisait froid.

— J’ai pourtant allumé un feu…

— Les fréquences élevées produisent de l’air froid, ce qui veut dire que le ciel est probablement un endroit glacial.

— Es-tu en train de me dire que Sarah était ici ? se fâcha Amy.

— Elle est venue apaiser mes craintes au sujet de Marco.

— Et moi, je n’aurais pas pu le faire ?

— Ce n’est pas moi qui l’ai appelée, Amy. Elle m’apparaît quand bon lui semble.

— Je ne veux pas que tu te serves d’elle pour me fermer ton cœur.

Terra conserva un silence coupable. Amy trouva son visage crispé si adorable que sa colère tomba d’un seul coup.

— À bien y penser, je me sens idiote d’être jalouse d’un fantôme.

— Et avec raison, la taquina Terra.

— Tu n’étais pas supposé faire de commentaire sur cette réflexion.

Terra la serra contre lui en fermant les yeux. Son contact lui procura un grand soulagement.

— Je veux apprendre à t’aimer, Amy, chuchota-t-il dans son oreille, mais il faut me donner du temps. Comme tu le dis si bien, je ne suis qu’un vieux Capricorne têtu.

— C’est vrai.

— Tu n’étais pas supposée faire de commentaire sur cette réflexion non plus, fit-il en l’imitant.

Elle l’enlaça avec amour.

Qui est Terra Wilder ?
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